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	<title>Prostitution et Soci&#233;t&#233;</title>
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	<description>Prostitution et Soci&#233;t&#233; est l'unique revue fran&#231;aise qui offre une information riche et vari&#233;e sur la prostitution : t&#233;moignages, actualit&#233;s, analyses. Site et revue trimestrielle du Mouvement du Nid.</description>
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		<title>Prostitution et Soci&#233;t&#233;</title>
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		<title>Le papier ne peut pas envelopper la braise</title>
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		<dc:date>2007-03-01T19:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Morgane Br&#233;ard</dc:creator>



		<description>Elles s'appellent Srey, Mav, Aun Tauch, Thida... et vivent une existence parqu&#233;e, recluse, dans un immeuble au centre de Phnom Penh. Dans un film et un livre bouleversants, le cin&#233;aste Rithy Panh donne la parole aux prostitu&#233;es cambodgiennes et rend leur dignit&#233; aux victimes de ce d&#233;sastre anonyme. Dans un pays qui a subi des d&#233;cennies de guerre, le signe &#233;vident de la f&#234;lure sociale appara&#238;t dans l'exploitation &#233;conomique et politique du corps, &#233;crit Rithy Panh dans l'avant-propos de son livre. (...)

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&lt;a href="http://www.prostitutionetsociete.fr/cultures/films/notre-selection-de-films/" rel="directory"&gt; Notre s&#233;lection de films&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.prostitutionetsociete.fr/local/cache-vignettes/L90xH150/arton123-3a9f0.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='90' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:90px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elles s'appellent Srey, Mav, Aun Tauch, Thida... et vivent une existence parqu&#233;e, recluse, dans un immeuble au centre de Phnom Penh. Dans un film et un livre bouleversants, le cin&#233;aste Rithy Panh donne la parole aux prostitu&#233;es cambodgiennes et rend leur dignit&#233; aux victimes de ce &lt;q&gt;d&#233;sastre anonyme&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q&gt;&lt;strong&gt;Dans un pays qui a subi des d&#233;cennies de guerre, le signe &#233;vident de la f&#234;lure sociale appara&#238;t dans l'exploitation &#233;conomique et politique du corps&lt;/strong&gt;&lt;/q&gt;, &#233;crit Rithy Panh dans l'avant-propos de son livre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;T&#233;moin engag&#233; de ce qui se passe dans son pays, le cin&#233;aste et documentariste cambodgien a obtenu le FIPA d'or pour son dernier opus, &lt;cite&gt;Le papier ne peut pas envelopper la braise&lt;/cite&gt;, sorti en mars dernier et bient&#244;t en DVD. &lt;strong&gt;Derri&#232;re ce titre po&#233;tique se cache un film sans concession qui s'int&#233;resse au sort des 30 000 femmes&lt;/strong&gt; qui, au Cambodge, n'ont pas d'autre choix que de se prostituer pour survivre, film dont le cin&#233;aste a tir&#233; un livre &#233;ponyme, &#233;crit en collaboration avec Louise Lorentz.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;q&gt;C'est pour moi un engagement, une tentative de r&#233;paration : revenir sur mon incapacit&#233; &#224; r&#233;agir face &#224; l'intol&#233;rable&lt;/q&gt; d&#233;clarait le r&#233;alisateur, &lt;q&gt;ce projet de film vient de l&#224;. &lt;strong&gt;En moi la d&#233;tresse se m&#234;le &#224; la col&#232;re, j'en veux &#224; ceux qui vont voir ces &#8220;putains&#8221;, &#224; l'indiff&#233;rence, &#224; la mis&#232;re, &#224; la bonne conscience.&lt;/strong&gt; Alors le film ressemblera &#224; cette rage, morcel&#233;, tranchant comme les d&#233;bris d'un r&#234;ve.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la rage a accouch&#233; d'un travail de fond.&lt;/strong&gt; Rithy Panh et son &#233;quipe ont v&#233;cu presque deux ans avec six prostitu&#233;es cambodgiennes recluses dans le &#171; Building Blanc &#187;, un immeuble du centre de Phnom Penh, o&#249; elles vivent parqu&#233;es, recluses.
&lt;br /&gt;Dix-huit mois, c'est le temps que s'est donn&#233; le r&#233;alisateur pour approcher, apprivoiser ces femmes aux destins bris&#233;s, lui permettant ainsi de construire &lt;strong&gt;un film qui leur donne pleinement la parole.&lt;/strong&gt; Jamais voyeur, Rithy Panh les filme dans leur quotidien, s'occupant de la cuisine, du m&#233;nage, des enfants, gracieuses dans leurs sarongs de couleur. Les images sensuelles et lumineuses de ces femmes contrastent avec les r&#233;cits terrifiants de leur histoire.
&lt;br /&gt;La plupart ont &#233;t&#233; vendues adolescentes par leur famille, enferm&#233;es d&#232;s leur pubert&#233; dans des bordels, surveill&#233;es et exploit&#233;es, elles ne touchent presque rien de l'argent qu'elles gagnent, s'endettant m&#234;me pour pouvoir fumer le m&#226;, la drogue locale, qui leur permet d'oublier un peu la violence de leur existence : &lt;strong&gt;clients dangereux parfois, brutaux toujours, victimes de multiples avortements bacl&#233;s (comment continuer &#224; travailler avec un enfant ?), du sida ou d'autres maladies&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfants &#233;lev&#233;es dans les camps de r&#233;fugi&#233;s de l'&#232;re post-khm&#232;re rouge, elles racontent leurs vies viol&#233;es, leur destin ravag&#233; &lt;strong&gt;avec une lucidit&#233; impressionnante&lt;/strong&gt;, comme en t&#233;moigne l'expression qui a donn&#233; son titre au film, &lt;cite&gt;le papier ne peut pas envelopper la braise&lt;/cite&gt; : quoi qu'elles fassent, ces femmes n'ont pas le moindre espoir de changer d'existence car leur fragilit&#233; se br&#251;lerait au contact des forces qui les contr&#244;lent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En leur donnant l'occasion de parler, de se raconter, Rithy Panh les rend actrices de leur histoire, peut-&#234;tre pour la premi&#232;re fois depuis qu'elles vivent cette existence d'esclaves et de recluses &#8212; car elles sont mises au ban de la soci&#233;t&#233; cambodgienne. Otages de la mis&#232;re et de la violence, &lt;strong&gt;elles restent cependant capables d'analyser &#224; la fois les m&#233;canismes sociaux et &#233;conomiques d'exploitation dont elles sont victimes, mais aussi de les mettre en regard de leur parcours individuel, de ce qui les amen&#233;es personnellement &#224; tomber dans l'engrenage de l'endettement et de l'esclavage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pour cela, &lt;strong&gt;celles qui se disent &lt;q&gt;&#233;cras&#233;es comme de l'ail&lt;/q&gt; ont des expressions magnifiques :&lt;/strong&gt; &lt;q&gt;la chair et le sang donn&#233; aux tigres&lt;/q&gt; pour d&#233;signer leur sort de femmes battues, &lt;q&gt;la poule n'est jamais au-dessous de l'&#339;uf&lt;/q&gt; pour exprimer le fait d'&#234;tre sous la coupe d'une maquerelle impitoyable. Elles sont des &lt;q&gt;&#226;mes errantes&lt;/q&gt;, des &lt;q&gt;fant&#244;mes&lt;/q&gt;, dont personne ne se soucie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la force du livre et du film de Rithy Panh est d'aller au-del&#224; du simple documentaire. Le r&#233;alisateur revendique son titre de metteur en sc&#232;ne. &lt;q&gt;J'ai pass&#233; beaucoup de temps &#224; jouer avec elles, pour rechercher l'enfant en elle, l'enfant martyris&#233;e que leur travail n'a pas d&#233;truit&lt;/q&gt;. Et cette part d'enfance s'exprime dans leurs dessins. Car ces femmes, comme des petites filles, crayonnent sans rel&#226;che leur quotidien ou leurs r&#234;ves d'&#233;vasion, et nous bouleversent par &lt;strong&gt;cette cr&#233;ativit&#233; dop&#233;e par le d&#233;sespoir et qui restera &#224; jamais ignor&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette mise en sc&#232;ne tout en pudeur et en retenue a pour objet de rendre leur dignit&#233; &#224; ces femmes. Et c'est r&#233;ussi. Du coup, on est attentif &#224; leurs voix, &lt;strong&gt;qui ne sont plus celles de prostitu&#233;es du bout du monde, mais de celles de femmes qui pourraient &#234;tre nos amies, nos cousines, nos s&#339;urs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;cite&gt;Le papier ne peut envelopper la braise&lt;/cite&gt;, sorti sur les &#233;crans en mars 2007, sortie DVD pr&#233;vue au 4e trimestre 2007, et un livre de Rithy Panh &#233;crit en collaboration avec Louise Lorentz, publi&#233; chez Grasset.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prostitution et Soci&#233;t&#233; &lt;a href='http://www.prostitutionetsociete.fr/prostitution-et-societe/numero-156-janvier-mars-2007' class='spip_in'&gt;num&#233;ro 156&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Mon tresor</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Muriel Lherm&#233;</dc:creator>



		<description>Depuis 1997, Keren Yedaya sensibilise le gouvernement et l'opinion isra&#233;lienne au ph&#233;nom&#232;ne prostitutionnel. Peut-on &#233;chapper &#224; la reproduction mortif&#232;re des m&#234;mes sch&#233;mas, qu'ils soient familiaux, sexuels ou sociaux ? C'est une des questions que pose Mon tr&#233;sor, le premier long-m&#233;trage de la r&#233;alisatrice isra&#233;lienne Keren Yedaya. Or et Ruthie vivent &#224; Tel-Aviv. Or, la fille de 17 ans, veut emp&#234;cher sa m&#232;re de se prostituer ; une m&#232;re-enfant qui &quot;sort&quot; pour payer ses dettes, refuse de travailler comme (...)

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&lt;a href="http://www.prostitutionetsociete.fr/cultures/films/notre-selection-de-films/" rel="directory"&gt; Notre s&#233;lection de films&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.prostitutionetsociete.fr/local/cache-vignettes/L111xH150/arton124-0fd04.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='111' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:111px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1997, Keren Yedaya sensibilise le gouvernement et l'opinion isra&#233;lienne au ph&#233;nom&#232;ne prostitutionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-on &#233;chapper &#224; la reproduction mortif&#232;re des m&#234;mes sch&#233;mas, qu'ils soient familiaux, sexuels ou sociaux ? C'est une des questions que pose &lt;i&gt;Mon tr&#233;sor&lt;/i&gt;, le premier long-m&#233;trage de la r&#233;alisatrice isra&#233;lienne Keren Yedaya.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or et Ruthie vivent &#224; Tel-Aviv. Or, la fille de 17 ans, veut emp&#234;cher sa m&#232;re de se prostituer ; une m&#232;re-enfant qui &quot;&lt;i&gt;sort&lt;/i&gt;&quot; pour payer ses dettes, refuse de travailler comme femme de m&#233;nage et promet sans cesse de &quot;&lt;i&gt;changer&lt;/i&gt;&quot;. Mais peut-on changer dans une soci&#233;t&#233; machiste o&#249; les hommes sont des pr&#233;dateurs et seuls d&#233;tenteurs d'un pouvoir que donne l'argent ? Or le croit, jusqu'&#224; ce qu'une voisine, incarnation &lt;strong&gt;d&#233;risoire&lt;/strong&gt; du destin, la condamne &#224; son tour &#224; la rue...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#232;che et tendue, film&#233;e en plans fixes qui refusent tout esth&#233;tisme, l'histoire fait une place &#224; l'intimit&#233; entre les deux femmes. Elle montre aussi, cr&#251;ment, la violence faite au corps f&#233;minin, malmen&#233;, morcel&#233;, ensanglant&#233;... Mais l'&#233;chec d'Or n'est pas d&#233;finitif. Sa passivit&#233; finale nous est montr&#233;e comme grosse de r&#233;voltes futures, et la tension critique de son regard invite le spectateur &#224; voir au-del&#224; de cette fatalit&#233;, &#224; &lt;strong&gt;refuser&lt;/strong&gt; cette fatalit&#233;, comme le fait la r&#233;alisatrice qui, depuis 1997, sensibilise les gouvernants et l'opinion isra&#233;lienne au ph&#233;nom&#232;ne prostitutionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Prostitution &amp; Soci&#233;t&#233; &lt;a href='http://www.prostitutionetsociete.fr/prostitution-et-societe/numero-146-juillet-septembre-2004' class='spip_in'&gt;n&#176;146 / juillet - septembre 2004&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Lilya 4-Ever</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julienne Lemb</dc:creator>



		<description>Un film &quot;sur les gens riches qui pensent que tout s'ach&#232;te et sur les pauvres qui doivent vendre tout ce qu'ils ont (...). Sur l'impression que &#231;a fait quand on vous crache dessus&quot;. D'un r&#233;alisme virulent, et d'une rare justesse, le nouveau film de Lukas Moodysson plonge le spectateur au c&#339;ur d'une horreur banalis&#233;e. Celle de la prostitution et du trafic de femmes. O&#249; l'on suit l'itin&#233;raire de l'une de celles que l'on appelle &quot;fille de l'Est&quot;. Un film brillant, violent, n&#233;cessaire, dont on ressort groggy. (...)

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&lt;a href="http://www.prostitutionetsociete.fr/cultures/films/notre-selection-de-films/" rel="directory"&gt; Notre s&#233;lection de films&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.prostitutionetsociete.fr/local/cache-vignettes/L113xH150/arton119-bd472.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='113' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:113px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un film &quot;sur les gens riches qui pensent que tout s'ach&#232;te et sur les pauvres qui doivent vendre tout ce qu'ils ont (...). Sur l'impression que &#231;a fait quand on vous crache dessus&quot;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'un r&#233;alisme virulent, et d'une rare justesse, le nouveau film de Lukas Moodysson plonge le spectateur au c&#339;ur d'une horreur banalis&#233;e. Celle de la prostitution et du trafic de femmes. O&#249; l'on suit l'itin&#233;raire de l'une de celles que l'on appelle &quot;fille de l'Est&quot;. Un film brillant, violent, n&#233;cessaire, dont on ressort groggy. Tant mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lilya est une adolescente de 16 ans d'une banlieue monochrome des pays de l'Est. Sa m&#232;re l'abandonne le jour de son d&#233;part pour les &#201;tats-Unis avec son compagnon. S'amorce alors le d&#233;clin. La jeune fille se retrouve seule face &#224; un monde hostile qui l'exclut et la stigmatise. Volodya, un gamin de onze ans avec qui elle partage ses d&#233;boires, sera son unique &#238;lot de tendresse. Manipul&#233;e par les promesses d'amours mensong&#232;res d'un habile rabatteur, elle &#233;chouera en Su&#232;de, s&#233;questr&#233;e par un prox&#233;n&#232;te. Elle y perdra son identit&#233; et ses illusions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lukas Moodysson, qui attribue &#224; son film une dimension politique, a su avec un brio exceptionnel mettre en sc&#232;ne ce cercle de la destruction. Le r&#233;cit d'une enfance d&#233;sesp&#233;r&#233;e, livr&#233;e &#224; elle-m&#234;me, &#233;perdument paum&#233;e. Quelque chose qui ressemble &#224; une trag&#233;die grecque. Les dispositions sc&#233;niques qui placent ce film - inspir&#233; d'un fait divers - &#224; la crois&#233;e de la fiction et du documentaire collent &#224; son propos. Lukas Moodysson rend compte de la prostitution comme d'un processus, non comme d'une fin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les rep&#232;res affectifs sont dynamit&#233;s. Le monde des adultes s'av&#232;re impitoyable, sournois, calculateur. L'amour et l'amiti&#233; subissent des coups terribles. Ces liens qui unissent l'&#234;tre &#224; la vie ont &#233;t&#233; rompus. Inexorablement, Lilya chute. L'ab&#238;me est peupl&#233; d'absences. Et Lilya manque de tout. Alors elle comble le temps pr&#233;sent du r&#234;ve d'une vie meilleure. En attendant, l'enfant en errance sniffe de la colle, boit et se prostitue &#224; l'occasion. Dans le th&#233;&#226;tre absurde de la mis&#232;re humaine, Lilya jouera le r&#244;le qu'on lui a impos&#233;. Le corps se r&#233;signe et le visage se ferme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le cloisonnement s'inscrit &#233;galement spatialement. L'espace se r&#233;duit au fur et &#224; mesure autour d'elle. Tout au long du film, ses appartements deviennent des lieux-cages. &#192; chaque fois il faut de nouveau faire ses malles. Ce ne sont pas des d&#233;parts de plaisance dont il est question ici, mais d'une n&#233;cessit&#233; vitale. Pourtant, ces &quot;voyages&quot; qui ont tout de la fuite raccrochent les protagonistes &#224; la vie tout en les entra&#238;nant vers le pire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certaines des sc&#232;nes du film perturbent physiquement. Ainsi ces hal&#232;tements d'hommes-chiens en rut qui lui passent dessus, indiff&#233;rents &#224; son d&#233;go&#251;t autant qu'&#224; sa douleur, sont insupportables. Le d&#233;fil&#233; des visages des clients contorsionn&#233;s laisse le spectateur impuissant et renforce l'horreur de ce que l'adolescente endure. Les musiques qui ponctuent le rythme effr&#233;n&#233; du film sont gorg&#233;es d'&#233;nergie exutoire et paradoxalement, elles permettent aux spectateurs de respirer de temps en temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les acteurs sont bouleversants de v&#233;rit&#233;. Et l'on s'attache sans peine &#224; ces personnages d&#233;laiss&#233;s de tous, incarn&#233;s par le jeune couple tragique que forment Oksana Akinshina (Lilya) et Artiom Bogucharskij (Volodya), deux talentueux com&#233;diens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lukas Moodyson d&#233;finit Lilya 4-ever comme un film sur &quot;l'envie de partir et de tout quitter (...), un film sur l'abandon (...). Sur les gens riches qui pensent que tout s'ach&#232;te et sur les pauvres qui doivent vendre tout ce qu'ils ont (...). Sur l'impression que &#231;a fait quand on vous crache dessus&quot;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Prostitution et Soci&#233;t&#233; n&#176;140 / janvier - mars 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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