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Violences sexuelles : une enquête nationale pour faire reculer le déni

avril 2015, par Comité de rédaction

Une enquête rendue publique par l’association Mémoire traumatique et victimologie lève
le voile sur l’impact des violences sexuelles sur les personnes concernées. Il est capital de
sortir du déni qui pèse sur les souffrances des victimes et ainsi d’enrayer le cycle infernal
des maltraitances.

Défaut de dépistage et manque
de soins appropriés par des professionnels
formés : bien qu’elles aient subi les pires
traumatismes, les victimes de violences
sexuelles ne sont pas suffisamment prises
en charge, ce qui entraîne de lourdes
conséquences sur leur vie et leur santé.

Ces conclusions d’une enquête nationale
Impact des violences sexuelles de
l’enfance à l’âge adulte
ont été rendues
publiques le 2 mars 2015, lors d’un
colloque organisé au Sénat par l’association
Mémoire traumatique et victimologie
et dans le cadre de la campagne Stop au
déni (découvrez cette enquête et la campagne
sur le site de l’association Mémoire traumatique).

Pour la première fois, 1 214 victimes de
violences sexuelles, dont 95 % de femmes
de toutes les catégories sociales, ont
accepté de témoigner à travers un questionnaire
d’auto-évaluation.

Une démarche inédite

Les violences sexuelles faites aux
mineures sont peu documentées en
France, alors que c’est une population
particulièrement vulnérable. Selon les
conclusions de cette enquête inédite, les
violences ont été subies dans 81 % des cas
alors que les victimes étaient mineures et
dans 94 % des cas leur agresseur était un
proche.

Un lourd tribut pour les victimes

La gravité de ces violences est loin
d’être suffisamment prise en compte. Et
pourtant, une victime sur deux qui a été
agressée durant l’enfance, a tenté de se
suicider. Parmi les répondants, 96 % disent
subir de lourdes conséquences sur leur
santé mentale (troubles du sommeil, stress,
anxiété, perte d’estime de soi…) et 69 % sur
leur santé physique (douleurs récurrentes,
troubles alimentaires, fatigue chronique…).

Le risque de développer un état de
stress post-traumatique est particulièrement
élevé dans le cas de violences
sexuelles et plus encore en cas de viol
(80 %), d’inceste et de violences sexuelles
(87 %) durant l’enfance. Malgré leur
grande vulnérabilité, 83 % des victimes
déclarent n’avoir jamais été protégées ni
par la police, ni par leurs proches.

Le déni et la loi du silence isolent et
fragilisent davantage les victimes. Cette
solitude et cette vulnérabilité les conduisent
bien souvent à subir de nouvelles violences
sexuelles qui sont des instruments de domination
et d’oppression
, commentent les
auteurs de l’enquête.

Il est donc capital que le corps médical
dépiste les violences subies, en particulier
sexuelles et que les pouvoirs publics
mettent en oeuvre les moyens nécessaires
pour protéger, accompagner et soigner
efficacement toutes les victimes.


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