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Lancement d’une coalition internationale pour l’abolition de la maternité de substitution (GPA)

octobre 2018, par Sandrine Goldschmidt

Plusieurs initiatives ont eu lieu en France et à l’international pour demander l’abolition de la maternité de substitution.

Parmi ces initiatives, un colloque a eu lieu le 22 septembre au Palais du Luxembourg, auquel le Mouvement du Nid a participé. Intitulé "Pour le respect des femmes et des enfants, abolir la maternité de substitution ", ce colloque organisé par 4 associations [1] avait pour objectif de présenter des arguments féministes, humanistes et laïcs contre la GPA. Deux tables rondes se sont successivement intéressées aux conséquences de la légalisation de la maternité de substitution sur les enfants puis sur les femmes.
Les interventions ont donné à voir les conséquences violentes et délétères de la GPA, à travers une pluralité d’approches : juridique (Muriel Fabre-Magnan), sociologique (Martine Segalen), psychologique (Myriam Szejer), éthique (Frédérique Kutten), médicale (René Frydman), féministe (Claire Quidet, Diane Guilbault), d’analyse de contrats de « GPA » américains (Jennifer Lahl). Parmi elles, la porte-parole du Mouvement du Nid, Claire Quidet, a particulièrement mis en avant les liens indissociables entre prostitution et maternité de substitution, notamment sur les questions du consentement et de la liberté. « La liberté est du côté de celui qui paie, pas de celui de la personne qui a besoin de l’argent pour survivre. C’est celui qui paie qui décide, qui choisit, pose les conditions. La liberté n’est pas du côté de la personne qui “consent” à avoir un acte sexuel ou à porter un enfant ».

CIAMS, Coalition internationale pour l’abolition de la maternité de substitution
À la fin du colloque, les associations organisatrices ont annoncé le lancement d’une coalition internationale pour l’abolition de la maternité de substitution (CIAMS), structure féministe ayant pour objectif de porter l’argumentaire abolitionniste auprès des instances nationales et internationales en mesure de faire abolir cette pratique. Cette coalition est déjà constituée de vingt et une organisations issues de huit pays (France, Espagne, Canada, Italie, Autriche, Roumanie, Suède, Australie).

Par ailleurs, deux jours après le colloque, un appel international pour l’abolition de la GPA, signé par plusieurs centaines d’organisations abolitionnistes a été envoyé à l’ONU à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies. « Les associations de la société civile, des droits humains et des droits des femmes, signataires de ce communiqué, entendent dénoncer que : la maternité de substitution (aussi appelée « gestation pour autrui » ou « GPA ») est une grave violation des droits et de la dignité des femmes et des enfants. C’est une forme d’exploitation reproductive des femmes qui fait des nouveau-nés des objets de transaction contractuelle et commerciale ». Les signataires demandent aux chefs d’État et de gouvernement présents à l’AG de l’ONU qu’ils se prononcent publiquement pour l’interdiction mondiale de la maternité de substitution, exigent des poursuites pénales et la fermeture des agences, des cliniques et de toutes les entreprises de l’industrie de location de ventre dans tous les pays du monde ainsi que l’interdiction des publicités pour cette industrie. Ils appellent enfin tous les gouvernements du monde à lutter prioritairement contre la pauvreté des femmes et les inégalités de genres, ainsi qu’à multiplier les efforts visant à la promotion et à la protection des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels des femmes, y compris leurs droits sexuels et reproductifs.

Notes

[1Le CoRP, CQFD Lesbiennes féministes, la Cadac et l’Assemblée des femmes,


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