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La pornographie mettant en scène des enfants s’invite au G8

septembre 2007, par Florence Hodan

Afin d’intensifier la lutte contre la pédopornographie, le G8 [1] appelle le secteur privé — parents, médias, professionnels du Net — à redoubler d’efforts.

La dernière réunion du G8 a une nouvelle fois mis à son ordre du jour la lutte contre la pornographie mettant en scène des enfants. La question est malheureusement d’actualité comme l’a montré le récent démantèlement par Interpol d’un réseau international de pornographie pédophile en Allemagne. Ceci en partie grâce à l’intervention originale d’organismes bancaires et de cartes de crédit. Interpol s’est par ailleurs doté d’un logiciel qui permet de reconstituer le lieu du crime.

Progrès ou reflet dramatique de la réalité, le secrétaire général d’Interpol assure que la base de données de l’organisation est désormais constituée de plus d’un demi-million d’images d’enfants exploités sexuellement à travers le monde !

Les membres du G8, réunis à Munich, se sont une nouvelle fois engagés à transférer dans les lois nationales les accords internationaux en matière de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants, en particulier la pédopornographie, et visent la possibilité d’arrestations hors frontières.

En fait, si les membres du G8 promettent de redoubler d’efforts, ils en appellent aussi aux fournisseurs d’accès à Internet, aux professionnels des technologies de l’information et aux institutions financières, ou encore aux médias, aux parents et aux éducateurs. Tous sont invités à réfléchir au rôle qu’ils pourraient jouer dans ce combat.

Les gouvernements auraient besoin de l’aide des professionnels d’Internet

Les parents et les éducateurs n’ont pas tellement d’autre choix que de s’en remettre aux logiciels de contrôle parental et de tenter d’éduquer leurs enfants à une utilisation sans risque d’Internet. Beaucoup s’accordent d’ailleurs à dénoncer les insuffisances de ces dispositifs et le manque d’informations.

Mais qui – sinon le gouvernement - peut le mieux améliorer la coopération entre les polices, empêchée le plus souvent par les différences de législations nationales concernant l’âge de consentement sexuel ?

Qui peut le mieux décider d’une politique audacieuse concernant l’épineux problème de la pornographie réalisée avec des images virtuelles d’enfants, que tous les pays ne pénalisent pas ?
On ne peut pas douter que la question se posera de manière dramatique dans les années à venir, si on laisse là l’occasion aux agresseurs sexuels d’enfants de se saisir d’un vide juridique.

Mais les gouvernements seuls ne peuvent pas tout, c’est un fait. Et lorsque les intérêts corporatistes, renforcés par les discours de certains défenseurs des libertés individuelles, prennent le pas sur le reste, ce sont les enfants qui trinquent.

Ainsi, certains ministres du G8 attendent des fournisseurs d’accès et de services qu’ils donnent aux forces de police des données relatives aux clients qui téléchargent du contenu douteux. Mais ceux-ci s’y refusent et, depuis 10 ans, c’est plutôt l’adoption de codes de conduites qui est privilégiée. On en voit pourtant facilement les limites face à la perversion et la rouerie des pornographes de tout poil qui, pour échapper aux poursuites, n’ont aucun scrupule à déformer les visages des violeurs. Ceux des enfants, bien visibles eux, sont simplement déformés par la peur et la souffrance.

Certains professionnels de l’Internet n’ont en revanche pas tant hésité à collaborer avec le gouvernement chinois pour limiter l’accès à certains contenus et fournir des données qui ont permis l’arrestation d’un journaliste. Question de priorités ?

P.-S.

Publié dans Prostitution et Société, Numéro 156 / janvier - mars 2007.

Notes

[1Le G8 regroupe l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni.


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