En Autriche, une étude (2003-2004) dresse le panorama consternant de la prostitution de jeunes adolescentes : des jeunes filles entre 12 et 15 ans, vendues et revendues par leurs parents à des proxénètes ou fuyant un foyer parental marqué par la drogue, la violence, l’inceste.
L’abandon de la scolarité ouvre la voie à une désinsertion fatale, l’errance favorise la rencontre avec des proxénètes, des marginaux souvent toxicomanes, l’entrée dans la spirale infernale de la dépendance à la drogue et des passes pour se fournir la dose qui les fera vivre dans une autre réalité … en les y enfermant.
Toutes ont fait l’expérience de la violence des "clients". Des "clients" qui, parfois, viennent d’ailleurs. En République Tchèque, des organisations dénoncent depuis 2005 l’affluence incessante d’allemands ou d’autrichiens passant la frontière dans le seul but d’y trouver des mineurs prostitués. Il faut dire qu’en République Tchèque la majorité sexuelle est fixée à 15 ans, contre 18 en Allemagne, et que les bordels se sont multipliés.
Les passes sans préservatifs ne sont pas rares et sont à l’origine de la contamination par le VIH de ces jeunes mais aussi de grossesses. Les proxénètes les obligeaient jusqu’à présent à avorter mais désormais revendre les bébés à des filières d’adoption illégales pourrait s’avérer plus rentable. On l’a vu en France récemment ainsi qu’en Pologne où 5 proxénètes ont été arrêtés.
Plus grave encore, peut être : le spectacle de la prostitution n’a plus rien d’étonnant pour les enfants de la ville frontalière de Cheb. Une étude de l’Unicef (2005) révèle que certains jouent aux prostituées et aux maquereaux
et qu’un enfant sur quatre estime que la prostitution est un moyen comme un autre de gagner de l’argent. Et une telle situation est sans doute un moyen comme un autre de créer de nouvelles générations de prostitué-e-s et de "clients".








