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GTA 4 : un jeu vidéo qui éduque à la violence

septembre 2008, par Samuel Prieur

Le quatrième opus de Grand Theft Auto est dans la lignée de ses précédentes versions : la vie d’un gangster des bas quartiers qui doit prendre le pouvoir dans la ville nommée Liberty City. Une ville où tout, ou presque, est permis : meurtres, vols, violences en tout genre et, pour le décor, la quasi réplique de New York : buildings, grosses voitures, clochards et... prostituées.

Depuis la création de cette série, les personnes prostituées ont toujours fait partie du jeu. L’escalade dans l’hyperréalisme n’y connaît pas de limite. Éléments du décor dans les premières versions, elles deviennent dans le dernier numéro une attraction ludo-sexuelle à portée de tous.

Cet épisode va d’ailleurs très loin puisque les tarifs de prestations sont établis et que le joueur doit bien penser à se rendre en voiture dans un coin sombre pour profiter de cette relation sexuelle payante. Pour ne pas perdre une miette de ce spectacle, il est possible de tourner autour de la voiture à la manière d’un réalisateur de film pornographique. Seule l’Australie a fait bloquer la caméra à ce moment sans remettre en cause la pratique du désormais plus célèbre des clients : Nico, personnage principal du jeu.

Les « syndicats » de prostitué-e-s aux États-Unis accusent la société de production, Take Two, d’incitation au meurtre de prostituées. Mais Take Two profite de la polémique pour sa publicité.
Il paraît même qu’en réponse à la montée au créneau de Hillary Clinton, les créateurs l’auraient mise au cœur du jeu sous les traits d’une prostituée... Ce jeu est bel et bien créé par des hommes pour des hommes dans une version de notre société qui incite à la violence et en particulier la violence sexuelle vis-à-vis des femmes.

Malgré son interdiction aux mineurs, les adolescents sont la cible privilégiée. La solution pour trouver les prostituées dans la ville occupe beaucoup de forums sur Internet et des vidéos circulent. Six millions de copies sont prévues à la vente la semaine de la sortie du jeu à travers le monde, soit un chiffre d’affaires estimé à 400 millions de dollars.

Quel poids peut aujourd’hui avoir la prévention de la prostitution face à la toute-puissance de cette machine commerciale et à la banalisation de comportements violents ? Très peu !

P.-S.

Publié dans Prostitution et Société numéro 159.


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