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La Jonquera : extension du domaine des bordels

juillet 2011, par Claudine Legardinier, Elise Guiraud

La Jonquera (Catalogne) doit à sa situation trans-frontalière, au cœur du réseau routier, le passage d’innombrables "clients" pour les trafics les plus divers, dont la prostitution. Les proxénètes se sont solidement établis dans les dizaines de maisons closes que renferme ce mouchoir de poche et annexent à présent l’espace public.

Les proxos catalans nous ont fait l’article. Abondamment relayés par les médias. En ouvrant leurs bordels new look à La Jonquera, notamment le fameux Paradise, on allait voir ce qu’on allait voir : hygiène, sécurité, bien-être… La prostitution allait devenir un job branché. Les vilains trafiquants seraient boutés hors les murs. Tout serait contrôlé, canalisé. Un bordel ? Jamais de la vie ; plutôt un temple de la liberté et de la démocratie !

En à peine plus de temps qu’il n’en faut à un proxénète pour se rhabiller en chef d’entreprise, le résultat est là. Un marché aux esclaves (des Roumaines en majorité) qui n’a jamais été aussi prospère ni aussi étendu ; pas un tronçon de route n’en réchappe. Les proxos et autres mafieux n’ont pas mis longtemps à se partager le gâteau et à organiser par secteurs une prostitution omniprésente, boostée par les produits d’appel que sont le Paradise ou le Dallas. Selon la police catalane, un bout de route coûte dans les 150 euros la journée et les carrefours giratoires autour de 2000 euros mensuels [1]. La concurrence territoriale fait rage.

Selon une stratégie déjà observée dans d’autres secteurs mafieux tel que le trafic de stupéfiants, chaque m2 des environs devient une tête de gondole disponible pour le placement des "produits". Une fois réglée la question des « clients » aisés, orientés vers les bordels relookés en boîtes de nuit, restait aux proxénètes à trouver un nouveau débouché grâce à la mise en prostitution de femmes au bord des routes ; une filière bas de gamme, destinée aux prostitueurs pressés, radins ou peu amateurs de night-clubs.

Bien entendu, les « clients » adorent ! Comme la bouteille de pastis, la femme est devenue un produit low cost. Au supermarché du sexe, c’est l’affluence. Après tout, le client est roi. Et il a des « besoins ». N’est-ce pas ce que l’on nous claironne depuis des lustres ? Pourquoi s’offusquer alors de voir les proxénètes mettre toute leur ardeur à organiser et diversifier les indispensables réponses à un « besoin » fondamental ?


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