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Irlande : le Parlement en faveur d’une loi criminalisant les « clients » prostitueurs

juin 2013, par Elise Guiraud

Une commission parlementaire en charge de la justice s’est prononcée le 27 juin 2013, après l’audition de nombreux organismes et personnalités, et l’étude de plus de 800 contributions, pour la création d’une infraction criminelle visant l’achat d’un acte sexuel. Cette infraction sera assortie de la dépénalisation des personne prostituées elles-mêmes.

Les parlementaires, assure David Stanton [1], membre de la commission, ont été guidé par le souci de rendre justice au matériau humain qui a nourri toutes les données portées au débat. On peut en juger en parcourant la liste des nombreuses contributions recensées dans le rapport rendu public : un large champ brassant toutes les opinions a été couvert. La commission estime donc avoir permis, sur cette question complexe et délicate, un débat franc et équilibré.

Cette nouvelle infraction pénalisant les « clients » prostitueurs va de pair avec la décriminalisation totale des personnes prostituées et le développement de politiques publiques en leur faveur, sur le plan de la santé, du logement, de l’éducation et de la formation. Un soutien devrait être apporté, recommande la commission, aux personnes désirant quitter la prostitution.

Et pour développer ces politiques, le Parlement irlandais met l’accent sur la nécessité pour les pouvoirs publics de travailler en consultation avec (...) les hommes et les femmes en situation de prostitution. La police irlandaise elle-même est appelée à « consulter autant que possible les personnes prostituées sur la manière dont leur santé et leur bien-être peut être protégé », dans la nouvelle situation créée par la pénalisation des « clients » prostitueurs. Cette recommandation pourrait-elle se traduire par des formations destinées aux policiers, et l’amélioration de la prise en compte des violences et crimes dont sont victimes les personnes prostituées ?

L’association de soutien aux personnes prostituées Ruhama a salué dans le rapport de la commission une opportunité de combattre les proxénètes et les trafiquants [2]. Ruhama rend hommage aux nombreuses survivantes de la prostitution qui ont accepté derevivre leur tourment pour témoigner de l’horreur de la prostitution, lors de leurs auditions par la commission parlementaire. Sarah Benson, directrice de Ruhama, se réjouit de la volonté de pénaliser les « clients » prostitueurs, le moyen le plus efficace pour lutter contre les trafics et l’exploitation de la prostitution. Le Conseil de l’Immigration d’Irlande (ICI), une association de promotion des droits des immigréEs et de lutte contre le racisme, commanditaire en 2012 d’une enquête portant sur les "clients", presse quant à lui le gouvernement de donner suite aux recommandations du Parlement, afin que le message passe que l’Irlande n’est pas une cible facile pour les trafiquants [3].

Notes

[1Source : communiqué de presse du Parlement irlandais du 27 juin 2013, disponible sur son site.

[2Source : communiqué de presse de Ruhama du 27 juin 2013, disponible sur son site.

[3Cité par Ruhama, cf. ci-dessus.


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