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Bulgarie : machine arrière sur la légalisation

janvier 2008, par Comité de rédaction

Le gouvernement bulgare, qui projetait de légaliser la prostitution à la demande du ministre du tourisme (!), a fait volte face début octobre 2007.

Si la Bulgarie est un petit pays (7,3 millions d’habitants), elle est aussi un centre névralgique pour le commerce du sexe et la traite des femmes. Beaucoup de femmes bulgares sont envoyées à l’étranger pour la prostitution. Les polices bulgare et norvégienne ont ainsi démantelé un réseau à Oslo en mai 2007 : 18 femmes bulgares étaient séquestrées dans des appartements pour la prostitution. Mais les trafics interviennent aussi à l’intérieur même du pays, des villages pauvres vers les grandes villes et les stations balnéaires de la Mer Noire.

Le combat contre la légalisation a été mené par une coalition inhabituelle : l’administration américaine, des groupes féministes et le gouvernement suédois. Cette coalition a fait valoir le fait que la légalisation n’est rien d’autre qu’un moteur pour la traite. Cette dernière sert en effet à alimenter une demande que la légalisation ne fait que légitimer et valoriser. Selon Antoaneta Vassileva, responsable de la commission anti-traite bulgare, interrogée par le New York Times, les trafiquants, qui sont des hommes d’affaire pragmatiques, vont vers les pays où la loi leur est la plus favorable. Et ces pays sont bien souvent ceux qui en Europe occidentale ont légalisé la prostitution, Allemagne et Pays-Bas.

Il semble donc qu’une prise de conscience soit en cours en Bulgarie pour que le pays ne devienne pas une destination du tourisme sexuel. Peut-on y voir le signe d’un changement de tendance en Europe ? L’an dernier, la Finlande a décidé de pénaliser les "clients" des prostituées "victimes de la traite". La Norvège s’apprête à voter une loi interdisant purement et simplement tout achat "d’actes sexuels". La République tchèque et les pays baltes, un temps décidés à légaliser la prostitution, y ont renoncé. Amsterdam se voit dans l’obligation de fermer une partie du quartier rouge…

Le gouvernement hongrois, qui a l’intention en revanche d’accorder des permis aux prostituées afin de faire entrer leurs revenus dans l’économie légale et de collecter les taxes, aurait ainsi un train de retard, dans la droite ligne du Conseil de l’Europe qui persiste à soutenir la plus vieille exploitation du monde et ses très attrayants profits [1].

P.-S.

Publié dans Prostitution et Société, Numéro 157 / avril - juin 2007.


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