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Australie : l’échec retentissant de la légalisation

octobre 2009, par Claudine Legardinier

Un échec sur toute la ligne. Voilà ce que l’on peut conclure dix ans après le Prostitution Act qui a légalisé la prostitution dans l’Etat de Queensland, en Australie (1999). Il s’agissait d’en finir avec le secteur illégal. Le résultat est édifiant : aujourd’hui, ce dernier est dix fois plus important que le secteur légal. Difficile de faire pire !

Tous les partisans de la reconnaissance de la prostitution comme métier, - surtout soucieux de légaliser ses immenses profits - le clament pourtant partout dans le monde : légaliser les établissements de prostitution serait le seul moyen de contrôler le "marché" et d’en éviter les abus, les violences, les liens avec la criminalité.

Alors qu’en Europe, l’exemple des Pays-Bas (qui a légalisé la prostitution en 2000) a largement fait la preuve de son échec, c’est au tour de l’Australie d’affronter l’épreuve des faits.

Une étude du Groupe de recherche sur la traite des êtres humains de l’Université de Queensland publiée en septembre 2009 conclut en effet que la mise en place de bordels légaux dans le Queensland a eu peu d’impact, et même aucun impact sur les formes illégales de prostitution/q>. Pire, le rapport affirme que le Prostitution Act est susceptible d’avoir poussé la prostitution dans la clandestinité et contribué au nombre élevé de bordels illégaux dans l’Etat !

Le bilan est donc lourd : des bordels, illégaux, qui poussent comme des champignons, et des esprits formatés : ceux des jeunes filles à qui l’on fait croire que la prostitution est un job plus moderne et profitable que la vente de macs do, ceux des "clients" que l’on invite à les "consommer".

Le débat est relancé dans le Queensland. Les patrons de la très rentable "industrie du sexe" n’entendent pas céder sur leurs privilèges et mettent l’échec sur le compte des insuffisances de la loi.

Obtiendront-ils gain de cause ? C’est probable. En attendant, selon le journal australien The Chronicle, la justice va rouvrir l’enquête sur le cas d’une jeune fille d’à peine plus de 17 ans morte d’une overdose dans un bordel légal du Queensland en 2008. Une preuve, s’il en fallait une, du vrai visage d’un business prêt à franchir tous les interdits pour attirer le chaland.


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