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Nicolas Sarkozy reçoit le Collectif contre les violences faites aux femmes

juin 2010, par Comité de rédaction

Ce 8 mars 2010, un dialogue inédit entre Nicolas Sarkozy et 25 associations – dont le Mouvement du Nid - luttant contre différentes formes de violences sexistes, a permis de relayer des revendications essentielles.

La rencontre s’est déroulée en présence de représentantEs des associations, et de Michèle Alliot-Marie (Justice) de Brice Hortefeux (Intérieur), de Nadine Morano (Famille et Affaires sociales) et Fadela Amara (Politique de la Ville).

25 associations parlant d’une seule voix

Les cinq représentantEs du Collectif ont évoqué dans leurs interventions, sans se cantonner à leur seul terrain, l’ensemble des violences faites aux femmes : inséparables les unes des autres, elles forment un tout, dont le fondement commun est la domination sexiste.

Une fois n’est pas coutume, une place particulière a été donnée au système prostitutionnel : en effet, celle-ci, bien que comptée au rang des violences faites aux femmes, reste tolérée, voire promue avec complaisance. Parce que la perpétuation du système prostitutionnel est un obstacle à l’égalité hommes-femmes et un angle mort de toute politique de lutte contre les violences faites aux femmes, le Collectif a porté devant le président de la République le souhait de voir la France adopter un acte fort : l’interdiction de tout achat d’acte sexuel.

Nicolas Sarkozy a fait part de son refus absolu de banaliser la prostitution, d’en faire un “métier” comme un autre ; il n’est néanmoins pas prêt à envisager pour le moment la pénalisation des "clients" prostitueurs, invoquant notamment la solitude, la misère sexuelle...

La honte doit changer de camp

Le système prostitutionnel est exemplaire du déni des violences ; toutefois, les violences sexistes dans leur ensemble restent insuffisamment reconnues. Le Collectif a rappelé au chef de l’État et aux ministres présentEs que les agresseurs rencontrent une certaine compréhension, tandis que les victimes vivent dans la honte. Pour changer les mentalités, le Collectif a plaidé en faveur de campagnes de prévention pour démonter les stéréotypes sexistes et inciter les hommes à prendre leur place dans la lutte contre les violences.

Un effort de formation – avec l’aide des associations spécialisées - auprès de l’ensemble des acteurs sociaux en contact avec les femmes victimes, dont la situation spécifique ne peut se contenter de dispositifs généralistes, a été réclamé. Une meilleure formation permettra de réduire les disparités et les incohérences dans la mise en oeuvre des politiques publiques de lutte contre les violences, afin d’accroître leur efficacité.

Les propositions concrètes portées par le Collectif

- L’accès au droit et l’accompagnement des victimes : plus de moyens et de formation pour mieux accueillir et accompagner les femmes ; en finir avec la « double peine » des femmes sans papiers.

- La prévention : pour déconstruire les stéréotypes et déraciner le sexisme du quotidien.

- Un engagement ferme des pouvoirs publics : un Observatoire national des violences faites aux femmes pour mieux mesurer le phénomène, et une meilleure couverture du territoire par les pouvoirs publics pour mieux le combattre.

- Pénalisation de l’achat d’acte sexuel : pour que la prostitution ne reste pas une violence sans coupables ni victimes !

Une grande première : des spots pour dénoncer la prostitution

Responsabiliser chaque citoyenNE face aux violences faites aux femmes : c’est le pari de la campagne de communication « Grande cause nationale 2010 », qui cible aussi la prostitution. Vous pouvez visionner le spot télévisé sur le site du collectif : http://www.violencesfaitesauxfemmes.com/.

Plusieurs spots radio originaux, dont l’un vise spécifiquement la violence du système prostitutionnel, seront prochainement diffusés.


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