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L’IGAS publie un rapport sur la santé des personnes prostituées

décembre 2012, par Claudine Legardinier

En traitant de la prostitution dans une approche globale qui ne se réduit pas aux risques du sida et des IST et au seul champ de la santé publique, l’IGAS ébauche une importante réflexion qui ne néglige plus la situation des personnes concernées.

L’épais rapport intitulé Prostitutions : les enjeux sanitaires remis le 18 décembre 2012 par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), à la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, insiste sur la diversité des prostitutions et sur les besoins variables en termes de santé. Il pointe la précarité et l’isolement qui menacent particulièrement les mineures et les personnes étrangères en situation irrégulière, et relève par ailleurs l’augmentation de la prostitution indoor (en appartement, hôtel, salon de massage) et du racolage par Internet.

Signe d’une évolution dans la manière d’aborder la prostitution, le rapport met en avant les violences liées à l’activité quels qu’en soient la forme et le mode d’exercice. Et il souligne la responsabilité des « clients », désignés comme auteurs majeurs de violences contre les personnes prostituées, mais aussi comme porteurs d’un haut niveau de risque sexuel pour le VIH et les IST (un sur cinq demanderait un rapport sans préservatif).

Alors que le rapport déplore la faiblesse des données épidémiologiques sur les personnes qui se prostituent, il conclut pourtant que troubles psychiques ou usage de produits psycho-actifs ne sont pas nécessairement imputables directement à l’exercice de la prostitution. La conclusion n’est-elle pas un peu rapide ? Entre la faiblesse des données, et le fait que certaines personnes n’osent même pas dire à leur médecin qu’elles sont prostituées [1], cette question des dommages réels sur la santé physique et psychique ne saurait être tranchée sans investigations supplémentaires.

Pour nous, ce rapport constitue un intéressant travail d’étape en attendant des conclusions plus solides et plus approfondies. Et si nous regrettons que l’IGAS réfute la nécessité d’une politique générale sur la prostitution, nous ne pouvons que souscrire à ses préconisations sur la coordination des moyens, l’approche préventive et transversale, les actions en direction des jeunes, et la garantie de moyens suffisants pour les associations.

Notes

[1Voir à ce propos le témoignage de Marion.


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