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Pays-bas : infirmières ou prostituées ?

mars 2010, par Claudine Legardinier

La campagne que lance en mars 2010 un syndicat d’infirmières néerlandaises, NU’91, vaut tous les discours pour dénoncer les dérives entrainées par des lois qui ont normalisé le droit au « service sexuel » aux Pays-Bas.

Légalisation de la prostitution et dépénalisation du proxénétisme depuis 2000, « services sexuels » garantis aux personnes handicapées depuis les années 1980… Le pays avait pris soin de présenter sous les dehors de la liberté et de l’émancipation ses politiques en matière de prostitution.

Les conséquences, peu favorables aux femmes et à leur droit au respect et à la dignité, dénoncées de longue date par des esprits prétendument chagrins (dont nous sommes), commencent à apparaître sous un éclairage cru.

La campagne qui démarre aujourd’hui fait en effet suite à la plainte déposée par une infirmière qu’un patient handicapé s’est cru en droit de solliciter pour des actes sexuels dans le cadre de son emploi de soignante.

La jeune femme a expliqué que d’autres infirmières avaient accepté de répondre aux demandes sexuelles de cet homme et que son propre refus de faire de même avait amené le patient à essayer d’obtenir sa démission au motif qu’elle était incompétente pour prodiguer des soins.

Le syndicat s’est donc trouvé dans l’obligation d’énoncer clairement son rejet de toute assimilation entre infirmières et prostituées : Ce type d’acte ne fait pas partie des responsabilités professionnelles des soignantes et des infirmières, a-t-il déclaré, assortissant sa mise au point d’affiches invitant à respecter les limites et montrant le visage d’une jeune femme caché par des mains croisées.

Les Pays-Bas ont bien travaillé. Dans l’esprit d’hommes de plus en plus nombreux, l’acte sexuel est devenu un « service » exigible, auquel les femmes seraient de moins en moins en droit de se soustraire. Logique. On ne peut pas banaliser la prostitution, prétendre en faire « un métier comme un autre » et s’étonner que certains se sentent désormais en droit de réclamer leur « dû ».


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