Elles aiment ça, elles l’ont choisi.
Cette certitude interdit à certains hommes de seulement envisager, même face à l’évidence, que la personne qu’ils paient peut être contrainte.
Les prostituées sont différentes des autres femmes.
Elles auraient des caractéristiques particulières, seraient plus libérées sexuellement, n’auraient pas de tabou. Cette croyance permet de construire le personnage de la « putain », porteuse de fantasmes. Sven Axel Mansson [1] estime que le contenu de la visite à la prostituée a moins d’importance que la signification que cette visite revêt dans l’imaginaire de l’homme : cela revient à dire que ce qui se déroule réellement lors d’une visite à une prostituée est moins important que le sens qui s’y attache dans le fantasme
de l’homme
.
Les hommes ont des « besoins sexuels » plus ou moins irrépressibles.
C’est la nature
, c’est le plus vieux métier du monde
sont des leitmotiv répétés partout dans le monde par les prostitueurs mais aussi par la société dans son ensemble.
On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien : Il n’y a pas de besoin sexuel. Le sexe est culturel, il est le fruit d’un apprentissage. La neurobiologie n’a aucun argument pour justifier ce prétendu instinct.
, explique par exemple le psychiatre Philippe Brenot.
Ça évite les viols.
Les « clients » prétendent que la prostitution a une fonction de catharsis (41% des hommes interrogés dans l’enquête écossaise Challenging men’s Demand [2]), mais disent ne pas être eux-mêmes en risque de devenir violeurs.
Signalons au passage que l’État du Nevada, aux États-Unis, le seul à posséder des établissements légaux de prostitution, est aussi celui qui affiche le taux le plus élevé de viols [3].







2003 Mansson

