dernière mise à jour ¬ 11/12/19 | mercredi 11 décembre 2019 | je m'abonne | sommaires

Amicale du Nid

"Faire le jour" : ode à la parole libérée

novembre 2019, par Christine Laouénan

Le 21 novembre dernier, a été projeté en région parisienne le film « Faire le jour » réalisé par six femmes et soutenu par l’Amicale du Nid 92. Ode à la solidarité féminine et à la parole libérée face aux violences machistes.

Lorsqu’Allegria rencontre Mauricette dans la rue pour lui donner un dépliant d’une association d’aide aux personnes en situation de prostitution, les deux femmes sont rapidement prises à partie par trois hommes qui tentent de les agresser. Elles courent alors se protéger dans le bar restaurant tenu par Wassia qui fait aussitôt tomber son rideau de fer. Dans ce huis clos protégé et chaleureux, six femmes se sentent suffisamment en confiance pour se dévoiler, raconter leur parcours émaillé de souffrances, de violences. Excision, violences conjugales, traite à des fins d’exploitation sexuelle, prostitution, agressions sexuelles dans les hôtels sociaux… les langues se délient alors. Ces femmes dépeignent leur combat pour retrouver leur dignité, protéger leurs enfants et s’insérer.

La dernière qui se raconte, Mauricette, est encore dans la prostitution. Soutenue et encouragée par les femmes qui l’entourent, cette jeune femme qui a été prostituée par sa tante lorsqu’elle était adolescente dans son pays d’origine, décide cette nuit-là d’arrêter. Un choix capital pour elle qui pensait ne jamais pouvoir s’en sortir.

Hymne à la solidarité féminine !

Lorsque Wassia lève le rideau de fer sur le jour qui se lève, ces femmes entonnent le même refrain : « on va libérer la parole ».
Cette fiction collective, largement inspirée de faits réels, a été écrite par ces cinq femmes accompagnées par la réalisatrice Zoé Cauwet, avec l’aide de salariées de l’Amicale du Nid. Ce film très émouvant qui a demandé près de 9 mois d’écriture, a été financé par le Fonds asile migration intégration (FAMI). Pour que d’autres femmes puissent à leur tour se libérer de la violence.

« Force à toi qui souffre, qui connais la violence, la prostitution
Femme battue, lève-toi et avance »

Extrait d’une chanson de Miss Belinga


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