dernière mise à jour ¬ 11/07/17 | mardi 11 juillet 2017 | je m'abonne | sommaires

Théâtre

LB 25 (putes)

D’après des textes de Grisélidis Réal et Nelly Arcan, mise en scène par Olivier Tchang-Tchong.

juin 2010, par Fabienne Rigal

LB25 est le "nom" donné à une jeune femme assassinée, victime d’un réseau de prostitution, avant que ne soit découverte son identité. Toute la pièce prétend faire entendre les témoignages réalistes de personnes prostituées. Mais il s’agit d’une construction. On croit n’entendre qu’une seule voix ? Elles sont deux, et mises en scène. Sont en effet entrelacés deux textes très dissemblables, « La passe imaginaire » de Grisélidis Réal, et « Putain » de Nelly Arcan.

De ce fait, tout ce que l’on entend est contradictoire. A propos des clients par exemple : mes hommes, ces anges, et, plus tard : que faites-vous ici alors que vous ne voudriez pas que votre fille fasse ce métier ? ; elles disent “non”, ils disent “oui” ; elles disent “ça fait mal”, ils disent “j’y vais doucement”.

Puis, un parallèle est fait entre l’artiste et la putain, tandis qu’ensuite, il est question de ces 300 francs qui valent tant de douleurs et du corps qui chaque fois qu’il se met en mouvement, c’est parce que quelqu’un d’autre l’a ordonné.

La faute est encore une fois celle des femmes, des épouses : Mesdames, il faudrait déboutonner vos ceintures de chasteté. C’est vous les vraies putains, les garces conjugales. Je crache sur vos coeurs et vos culs glacés. Discours éculé, entendu encore et encore. Quand cessera-t-on de faire porter aux femmes la responsabilité des hommes clients ?!

La comédienne, Valérie Brancq, s’adresse directement au public, le suspectant du pire dans ce qu’il est venu chercher là, et le lui donnant (dans des scènes de nudité très violentes, dont on détourne le regard), pour justifier en quelque sorte son mépris initial pour ces voyeurs.

L’incohérence des propos mélangés ici fait que chacun est conforté dans son avis sur la prostitution en sortant de cette pièce. Seul point positif : impossible de se dire que c’est un bon boulot...

P.-S.

Article publié dans Prostitution et Société numéro 166.


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