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Revendiquer pour ne pas sombrer

décembre 2017, par Christine Laouénan

La prostitution constitue et a toujours constitué un thème privilégié de la littérature.

Aussi, nous a-t-il paru important de mettre en lumière la façon dont elle est dépeinte par les romanciers.
Dans cette rubrique, les citations littéraires sont mises en parallèle avec les témoignages actuels des personnes prostituées, comme des clients.
Une mise en perspective riche d’enseignements…

« Une conception de la vie qui lui permettait… de s’enorgueillir devant autrui de sa condition. »
Résurrection, Léon Tolstoï, Perrin, 1900 (accessible sur Google), p 265

 Les hommes que leur destinée et leurs fautes ont placés dans une situation déterminée, si immorale qu’elle soit, s’arrangent toujours pour se faire une conception générale de la vie où leur situation particulière puisse leur apparaître comme légitime et considérable… C’est une conception de ce genre que s’était faite la Maslova et de la vie en général, et de son propre rôle en particulier. Prostituée du plus bas degré, condamnée aux travaux forcés, elle ne s’en faisait pas moins une conception de la vie qui lui permettait de justifier sa conduite, et même de s’enorgueillir devant autrui de sa condition. 

Ce roman politique tiré d’un fait réel, fut écrit par l’écrivain russe en 1899.
Le prince Nekhlioudov doit exercer son devoir de juré au tribunal. Or, parmi les accusés, figure son premier amour, Maslova, qui a dû se prostituer pour survivre après qu’il l’ait abandonnée. La jeune femme est accusée d’un crime qu’elle n’a pas commis.
A l’époque où Tolstoï a rédigé ce roman, la société du 19e siècle mettait encore les prostituées sur le même plan que les voleurs ou les assassins ; ce qui n’est heureusement plus le cas aujourd’hui.

« On s’en serait presque vantées »

A l’époque, c’était dans le coup de dire qu’on avait le fantasme de se prostituer. Le cinéma y contribuait… Bref, il fallait être « sans préjugés ». Donc on trouvait ça anodin. On s’en serait presque vantées.

Sonia, Prostitution et société, n°180, novembre 2013

« Ils nous confortent dans notre situation »
Maintenant, je me rends compte que les gens qu’on fréquente, dans ce contexte, tirent tous plus ou moins profit de notre prostitution : clients, commerçants… donc ils nous confortent dans notre situation.

Rosen, Prostitution et société, n° 176, décembre 2012

« La prostitution est un art »

 La prostitution est un art, un humanisme et une science 

Grisélidis Réal, préface à Carnet de bal d’une courtisane (Verticales, 2005).


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