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Gagner sa vie à la sueur de son corps

juillet 2018, par Christine Laouénan

La prostitution constitue et a toujours constitué un thème privilégié de la littérature.

Aussi, nous a-t-il paru important de mettre en lumière la façon dont elle est dépeinte par les romanciers.Retour ligne automatique
Dans cette rubrique, les citations littéraires sont mises en parallèle avec les témoignages actuels des personnes prostituées, comme des clients. Retour ligne automatique
Une mise en perspective riche d’enseignements…

Gagner sa vie à la sueur de son corps

 Comme elle (NDLR : Madame Olympe) était à bout d’affection, avait eu des collages suspects, n’avait pas souvent mangé à sa faim, elle s’ancra en l’idée que l’amour pour l’amour ne signifie rien, qu’il faut être pratique, – et elle se décida de gagner sa vie à la sueur de son corps.

Léon Hennique, « Madame Olympe », in L’affaire du grand 7 ; Benjamin Rozes ; Poeuf et autres nouvelles, Tusson, éd. Du Lérot, 2003, p. 123. [1]

Si on avait de l’argent, on n’irait pas se prostituer.

Témoignage de Rosen, Prostitution et société, n° 176 (décembre 2012)

Cet argent me faisait rêver

Témoignage Anne, étudiante (témoignage reçu par Internet)
Prostitution et société, n° 172 (septembre 2011)

Cet argent pouvait me permettre de payer une école de cinéma (dans les 10 000 euros) afin de reprendre mes études que j’étais en train de rater complètement, de voyager pour la première fois, de payer les 4000 euros de dette de mon amie qui la rendait si malheureuse, d’avoir un appartement plus grand que 9m². Cet argent me faisait rêver.

Cet argent, il était sale.

Témoignage de Marc
Prostitution et société, (août 2014)

C’était horrible : leur regard méprisant quand ils donnaient l’argent, leur air satisfait…
Cet argent, il était sale. Je ne pouvais pas le garder. Je le claquais aussitôt.

Je n’avais pas réellement conscience de mon corps.

Témoignage de T.
Prostitution et société, n° 159 (septembre 2008)

On veut de l’argent pour payer le loyer et poursuivre ses études…
Pour moi, c’était un moyen comme un autre pour avoir de l’argent. Je n’avais pas réellement conscience de mon corps.

Quand notre corps ne nous appartient plus, à quoi bon

Témoignage d’Ariane
Prostitution et société, n° 185 (Juillet 2015)

Au début, je me faisais payer très cher, puis de moins en moins comme si je ne valais rien. Quand notre corps ne nous appartient plus, à quoi bon. De toute façon, l’argent, je le claquais aussitôt.

Notes

[1Lu dans La figure de la prostituée, de Flaubert aux « petits naturalistes ».
Échanges et transactions mercantiles et littéraires
Élise Guignon
Revue Flaubert, n° 16, 2018 | Flaubert et le « mythe perdu » de la prostitution
Numéro dirigé par Éléonore Reverzy


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