dernière mise à jour ¬ 13/12/17 | mercredi 13 décembre 2017 | je m'abonne | sommaires

Taxer... une fois

décembre 2008, par Patrick Théret

Décidément, les pays qui ont libéralisé la prostitution n’en finissent pas de s’empêtrer, parfois jusqu’au ridicule, dans les conséquences de leur politique.

Ainsi, dans une petite ville belge, la municipalité avait taxé forfaitairement les bars où se pratiquait légalement la prostitution. Mais face aux protestations des petits tenanciers qui trouvaient le système injuste, le bourgmestre de la ville a décidé de taxer le nombre de tabourets sur lesquels les filles attendent le client.

Déjà, faire payer des impôts à un brave petit commerçant c’est pire qu’une faute de gestion, c’est une faute politique. De quoi vous dégoûter de créer des emplois... De plus, le faire de façon injuste dans un milieu où, c’est bien connu, la justice et le respect de la personne humaine règnent en maître, il y a là de quoi saisir la commission européenne des droits de l’homme.

Mais grâce à la taxe sur les tabourets, les proprios de boxons peuvent dormir sur leurs deux oreilles, et le bourgmestre devenir sereinement à son tour proxénète et faire profiter sa commune de l’exploitation sexuelle des filles.

Avec mon penchant irrépressible à frauder le fisc, je proposerais bien aux patrons des établissements en question d’obliger leurs "employées" à faire les cent pas dans le bar. On en reviendrait ainsi à une bonne vieille tradition, avec cet avantage d’avoir son cheptel à l’abri des intempéries.

On aurait pu penser aussi taxer les clients. Mais faut pas exagérer. Déjà qu’avec la crise, les temps sont durs, si en plus on fait fuir une si sympathique clientèle, il n’y a plus qu’à déclarer la Belgique en faillite.

P.-S.

Publié dans Prostitution et Société numéro 160.


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