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Lettre ouverte à Alain Souchon

mai 2010, par La p’tite Bill

Alors, vous aussi.
Vous, si plein de finesse, capable de ces nuances qui font notre bonheur, vous si attentif aux ombres et aux éclaircies du cœur, si respectueux en apparence des jupes des filles, ne trouvez rien de mieux que de voler au secours de Ribéry [1], et donc de ces sportifs adeptes de la troisième mi-temps [2], ces types lamentables qui exhibent leur fric et leur « virilité » en exploitant sexuellement des gamines et en buvant des bières.

Tous les hommes vont au moins une fois voir les putes, dites vous. Parlez pour vous. Et au lieu d’excuser ceux qui vont « aux putes », demandez-vous pourquoi la société – et vous-même - vous permettez de les appeler du nom le plus insultant de toute la langue française. Ce ne sont pas des putes ; mais des femmes, des jeunes filles, qu’une histoire souvent difficile, violente neuf fois sur dix, a poussées dans l’impasse, et dont l’avenir est saccagé. Laisseriez-vous votre propre fille dans les boîtes à prostitution, à 16 ans, entre les mains sales des footballeurs et les tiroirs caisses des proxos ?

Alors, tous frères, les hommes ? Souchon, Noah mais aussi Besson et Cohn-Bendit subitement d’accord ! Tous unis quand il s’agit de défendre le « droit » séculaire de montrer qui est le chef en soumettant sexuellement des marchandises féminines. Tous ringards plutôt. Vous auriez pu vous fendre, pour Zahia, d’une chanson. Pour ce pauvre papillon attiré par les médias, le fric et les paillettes, horizon ultime de nos sociétés engluées dans l’ultra moderne solitude.

Notes

[2RMC, 29 avril 2010.


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