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PAYS BAS, PAYS DES HOMMES

septembre 2017, par Claudine Legardinier

Aux Pays-Bas, une affaire de pipi enflamme les réseaux sociaux. Une jeune femme a en effet été condamnée par un juge d’Amsterdam à une amende de 90 euros pour avoir uriné sur un trottoir. Pour sa défense, elle a fait valoir le fait qu’il n’existe pratiquement pas de toilettes publiques pour femmes dans les villes néerlandaises (à Amsterdam, 3 contre 35 pour les hommes). Monsieur le juge a rétorqué qu’elle n’avait qu’à utiliser leurs urinoirs.

Le sang des néerlandaises n’a fait qu’un tour. Elles se sont donc précipitées le 23 septembre sur des urinoirs publics pour se prendre en photo et démontrer « qu’il est impossible pour les femmes de faire pipi de manière propre et digne dans un urinoir conçu pour les hommes. »

On pardonnera notre mauvais esprit. Mais il nous semble que cette absence de toilettes pour femmes est parfaitement cohérente avec la mentalité d’un pays qui a fait des bordels un atout économique et un argument touristique. Les bordels sont des lieux faits pour « soulager » les hommes et seulement les hommes, les femmes n’y étant que des commodités. Comment s’étonner alors que, dans les rues, ne soient prévues que les envies de pipi au masculin ?

Les femmes n’ont qu’à se retenir ; elles ont l’habitude ; leurs besoins ont toujours pu attendre. Pas ceux des hommes qui, eux, ont toujours fait loi. Cette affaire de pipi en dit long sur la résistance des inégalités : tellement intégrées au paysage qu’elles en sont devenues invisibles. Mais omniprésentes.


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