dernière mise à jour ¬ 13/12/17 | mercredi 13 décembre 2017 | je m'abonne | sommaires

Tourisme sexuel : 16 ans de prison pour Docteur Jekyll

juin 2016, par Claudine Legardinier

Faute de plaignants, il est rare que les auteurs de "tourisme sexuel" sur mineurEs soient poursuivis par la justice. La condamnation, le 22 juin 2016, d’un quinquagénaire français à 16 ans de prison ferme par la Cour d’assises de Versailles n’en prend que plus de relief. L’homme était accusé d’avoir violé 66 garçons mineurs à l’étranger. C’est le plus important procès de ce type jamais tenu en France.

En apparence, l’homme était bien rangé. Longtemps directeur d’une maison de retraite catholique dans les Yvelines, Thierry Darantière montrait un goût prononcé pour les voyages touristiques et "humanitaires". Il avait ainsi effectué des périples en Tunisie et en Egypte et notamment 21 séjours au Sri Lanka suite au tsunami de 2004 : une parfaite couverture pour approcher de jeunes garçons dans des pays connus pour l’ampleur de la prostitution enfantine.

Le prédateur a opéré tranquillement pendant une dizaine d’années avant que son goût pour les vidéos, qu’il tirait de ses exploits et qu’il se repassait en boucle, finisse par le confondre. Le FBI, la police américaine, a ainsi intercepté sur Internet, en 2011, des dizaines d’images le montrant en train de violer de jeunes garçons. La police française, qui l’a interpellé en 2012, a saisi à son domicile des milliers de photographies et des centaines de vidéos du même style.

Trois organisations de défense des droits des enfants s’étaient constituées partie civile : La Voix de l’enfant, Agir contre la prostitution des enfants (ACPE) et Ecpat France. Maître Emmanuel Daoud (avocat du Mouvement du Nid lors du procès du Carlton) était l’avocat d’ECPAT. Le procès a été éprouvant : nombre sans précédent des actes retenus, compte-rendus d’audience parlant de détails insoutenables, de torture et de barbarie…

Pour son avocat, l’homme serait tombé dans la facilité offerte par ces pays qui ferment les yeux sur la prostitution enfantine. L’argument n’a guère ému la cour et le procureur a requis 18 ans de prison. L’agresseur pédocriminel [1], qui a reconnu les viols, a finalement écopé de 16 ans fermes, avec injonction de soins et suivi socio-judiciaire pendant dix ans. Il est inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Notes

[1Nous n’employons pas le mot "pédophile" qui étymologiquement signifie "ami des enfants" (!).


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